De toutes
les expressions artistiques, l’art pictural au Maroc est celui
qui a dû transgresser le plus d’interdits, vaincre le plus
de préjugés pour pouvoir prétendre,
aujourd’hui, compter parmi les arts majeurs du Maroc moderne.
Longtemps la richesse de ce pays n’a été
exposée au monde qu’à travers les toiles des grands
maîtres de la peinture contemporaine. Pour de nombreux amateurs
d’art, la beauté originelle du Maroc a été
révélée par les plus grands orientalistes comme
Eugène Delacroix, ou s’est figée sur la palette de
Paul Klee, de Jacques Majorelle et d’autres assez
célèbres pour bâtir le mythe d’un Maroc
flamboyant et farouche où l’aube, succédant aux
mille et une nuits d’Orient, s’empourpre des baisers de
l’Occident.
Ce
n’est qu’à une époque fort récente,
à la fin des années 50 et au début des
années 60 plus précisément, que la peinture a
acquis un droit de cité au Maroc. La
célébrité internationale de certains artistes
peintres marocains ou étrangers vivants au Maroc est encore plus
récente.
Pourtant, de l’avis unanime, l’art
pictural au Maroc compte de nombreux talents avérés que l’on gagne à connaître.
La richesse quantitative et qualitative des oeuvres produites est telle que le plus
difficile a été de procéder à une sélection des artistes et de leurs toiles.