En effet, en août 1912, le maréchal Lyautey décide de faire construire
une voie ferrée reliant Fès à Salé : il lui faut donc aménager le port
qui va réceptionner la première locomotive de quinze tonnes du nouveau
tronçon ferré ! Puis suivent onze mille tonnes de charbon et
d'équipements et Lyautey décide d'en faire un port commercial et
militaire.
En décembre 1914, l'officier signe les plans de construction de la
nouvelle ville ! En 1916 l'hôtel Continental surgit de terre pour
accueillir les premiers colons... Quatre grands autres hôtels
suivirent, car au fur et à mesure que les maisons étaient échaffaudées
et leurs murs blanchis, la ville prenait forme et se fleurit et
s'éclaircit de jardins donnant sur les plages de sable doré (surtout
celle de Mehdia)...
Par ailleurs, comme on le verra, Kénitra est facilement accessible par
route, par rail, par mer et par les airs ! Kénitra devint donc
facilement habitable et joignable. On l'équipa en 1928 sur le plan de
Sebou, d'une base d'opérations pour hydravions : en fait, de 1917 à
1921 il en exista une un peu plus haut sur le fleuve, mais qui
fonctionna très peu. On fit donc de cette nouvelle base un équipement
plus efficace. Au mois de mai 1934, dix-huit avions français de
l'escadrille de la Méditerranée viennent se poser sur le plan d'eau du
Sebou : on ne vit jamais cela avant.
Elle garda son nom de Kénitra jusqu'en 1932 puis devint Port-Lyautey
jusqu'à l'indépendance du Maroc en 1956, où elle reprit son nom
initial. Pour l'anecdote, la ville servit de base pour les troupes
américaines lors de la seconde guerre mondiale en octobre 1942. Le port
de Kénitra est le premier port fluvial du Maroc et est particulièrement
bien desservi par les infrastructures routières et ferrées. Une
splendide mosquée d'inspiration traditionelle a été ouverte en 2002.
On trouve dans la ville de nombreuses écoles qui font la gloire de
cette ville maritime, ainsi qu'une université, trois Instituts
Supérieurs Spécialisés et deux Ecoles de Commerce. Kénitra dispose d'un
grand club de football, le « KAC Kénitra » quadruple champion du Maroc
et une fois vainqueur de la Coupe du Trône. Aujourd'hui, Kénitra vit de
l'extraction des minerais, de la fabrication des tissus, de la pêche et
de l'agriculture.